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PATRIARCAT - Être une fille, une femme

  • baumgartneremily
  • 3 mars
  • 3 min de lecture

« Charlotte naît dans une famille qui espérait un fils. Dès sa naissance, le monde lui apprend qu’être une fille, c’est déjà être désavantagée. » Son histoire pourrait être celle de millions de femmes.


Le patriarcat est un modèle de société complexe. Il organise la dominance masculine dans toutes les sphères : politique, économique, familiale, culturelle et symbolique. Il est profondément misogyne, cisnormatif, hétérocentré et validiste, et repose sur des visions traditionalistes et essentialistes des rôles sociaux. Dans nos sociétés occidentales, il s’articule également au racisme et à la xénophobie. Chacun de ces aspects sera développé dans les articles suivants afin de montrer comment le patriarcat façonne nos vies, individuellement et collectivement.


Post Instagram - STOP PATRIARCHY
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Comment vivent les filles et les femmes

dans un système androcentré ?


La réponse la plus simple : elles vivent mal. Prenons le cas de Charlotte*.

Dès sa naissance, elle déçoit ses parents simplement parce qu’elle est née du « mauvais » sexe. Très tôt, elle apprend que sa valeur est jugée différemment de celle des garçons et que la société lui impose un genre, une construction sociale à laquelle elle doit se conformer sous peine d’être réprimée.

Les normes sont strictes et genrées : les filles doivent être douces, gentilles et soumises, associées à la faiblesse et au besoin de protection. Ces images forgent l’imaginaire de Charlotte. Elle en vient à détester son propre genre et à admirer les intérêts masculins, perçus comme puissants, valorisés et “cools”. Être une femme, pense-t-elle, c’est être désavantagée. Être un homme, c’est la liberté et la puissance.

Mais ces cases sociales ne sont pas seulement restrictives : elles sont dangereuses. Les hommes représentent un risque réel, car les violences sexistes et sexuelles (VSS) sont monnaie courante. La société patriarcale légitime cette domination et normalise que certains hommes abusent de ce pouvoir lorsqu’une femme refuse de se conformer aux attentes.

Dès l’adolescence, Charlotte commence à être sexualisée à son insu. Elle a de la chance : elle échappe aux VSS dans son enfance et aux statistiques des enfants maltraités. Pourtant, les garçons de son âge font des remarques sexistes, rabaissent les filles et plaisantent sur leur corps. Charlotte porte alors une charge mentale bien plus lourde que celle des garçons : vigilance constante, précautions face aux inconnus comme aux proches, gestion du risque de violence partout — à l’école, dans les transports, dans la rue ou chez des amis comme chez soi.

À la fin de ses études, Charlotte doit convaincre ses proches, ses enseignants et ses employeurs de son choix de carrière. Passionnée de mathématiques et de sciences, elle veut travailler dans l’informatique, un domaine majoritairement masculin. Elle entend inlassablement : « L’informatique, c’est un métier de garçons » ou « Ne voudrais‑tu pas devenir coiffeuse ou infirmière ? » Malgré les pressions et le sexisme quotidien, elle poursuit son objectif.

Charlotte devient informaticienne. Son expertise est sans cesse remise en question et elle est payée moins que ses collègues masculins pour un travail équivalent. Elle subit des questions intrusives et déplacées et continue de ressentir la pression sociale pour se marier « avec un homme » et avoir des enfants.

Après une longue vie de lutte pour être elle-même et survivre aux clichés et aux attentes, Charlotte part à la retraite. Mais la société la poursuit encore : sa rente est inférieure à celle des hommes simplement parce qu’elle est une femme.

Ce récit illustre la manière dont le patriarcat agit du premier souffle à la retraite. Dans les articles suivants, chaque dimension — stéréotypes de genre, violences, charge mentale, sexisme professionnel et inégalités économiques — sera analysée et déconstruite pour montrer les mécanismes de cette oppression systémique.


*Personnage de fiction

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