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PATRIARCAT – Misogynie ordinaire et symbolique

  • baumgartneremily
  • 4 mars
  • 3 min de lecture

« Emma grandit dans une famille progressiste, un foyer où le féminisme et l’égalité semblent naturels. Pourtant, cette bulle protectrice ne fait que souligner le contraste avec le monde extérieur. Là, Emma découvrira l’ampleur de la tornade de sexisme ordinaire et symbolique. Ses ailes, forgées dans la douceur et la conviction, seront-elles assez solides pour résister aux vents contraires du patriarcat ? »


Le patriarcat est une source inépuisable de sexisme. Il se loge dans les gestes quotidiens, dans les paroles dites « pour rire », dans les structures de pouvoir profondément enracinées. Nos relations interpersonnelles en sont imprégnées, que nous le voulions ou non. Nous avons été conditionné·es à ne pas le voir — et parfois même à le reproduire. La lutte féministe nous invite à reconnaître ces mécanismes internes, façonnés par un sexisme ordinaire et symbolique.

 

Post Instagram - Misogynie ordinaire et symbolique
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La misogynie commence tôt

Comme évoqué précédemment, les femmes sont sous-estimées et violemment dénigrées. Tout ce qui renvoie au féminin est dévalorisé.

Les insultes en sont la preuve la plus flagrante : pour humilier un garçon, il suffit de le comparer à une fille.« Tu joues comme une fille. »« Ne sois pas une fillette. »

Comparer au féminin devient une humiliation. Pourquoi ? Parce que le féminin est construit comme inférieur.

Et lorsque l’insulte change de registre, elle devient homophobe. Mais l’homophobie est profondément sexiste. La peur centrale de nombreux hommes homophobes n’est pas tant l’homosexualité que l’idée d’être traités, par d’autres hommes, comme eux-mêmes traitent les femmes : avec mépris, objectification et domination.

 

Emma, entre deux mondes

Revenons à Emma.

Elle vit entre deux mondes : celui de sa famille, qui la soutient et l’encourage, et celui de l’espace public, où son corps devient objet.

À 14 ans, elle apprend à marcher vite. À éviter certains regards. À ignorer les commentaires. Depuis son entrée dans l’adolescence, elle doit composer avec les regards lubriques d’hommes bien plus âgés.

À l’école aussi, son corps est surveillé. On lui explique qu’elle doit faire attention à sa tenue, qu’elle ne doit pas « provoquer » de mauvaises pensées chez ses camarades. L’été devient un dilemme : porter un short ou un crop-top devient un acte presque politique. Le règlement parle de « vulgarité » — mais ne s’adresse qu’aux filles.

 

L’orientation : des choix déjà balisés

Arrivée en deuxième année du secondaire, Emma doit choisir son orientation. Officiellement, toutes les voies sont ouvertes. En pratique, certaines semblent plus « naturelles » que d’autres.

On l’encourage vers les métiers du care. Elle aime effectivement prendre soin des autres. Elle choisit un stage de découverte dans un hôpital.

Elle y découvre un univers saturé, où le rendement prime sur le bien-être des patient·es. Mais surtout, elle observe la hiérarchie.

Plus on monte dans l’échelle des responsabilités, moins les femmes sont présentes.Les métiers du soin sont majoritairement féminins.Les postes de pouvoir, eux, sont majoritairement occupés par des hommes cisgenres, hétérosexuels, blancs.

Un plafond de verre semble protéger les meilleures positions.

 

Violences et domination au travail

Emma observe aussi autre chose.

Des patient·es qui remettent en question le diagnostic des médecins femmes. Qui demandent « un médecin homme ».Des collègues masculins qui dénigrent les infirmières.Des soirées d’initiation humiliantes.Des propos dégradants dans les salles de repos.Des mains baladeuses.Des violences sexistes et sexuelles banalisées.

Le milieu professionnel n’est pas neutre. Il n’est pas sûr. Il reproduit les mêmes mécanismes que la société entière. Lorsqu’Emma questionne ce milieu, on lui rétorque que « ce ne sont que des blagues » ou que « les femmes exagèrent ». Ainsi, le sexisme se dissimule derrière l’humour et l’accusation d’hypersensibilité, rendant toute contestation illégitime.

D’autres membres — et parfois même des femmes — lui expliquent que « c’est normal ». La normalité s’invite alors dans la discussion. Mais qu’est-ce que la normalité ? Et surtout, qui la définit ?

Le cinéma, la musique, la culture au sens large produisent des représentations qui semblent irréelles pour Emma, mais parfaitement ordinaires pour d’autres. Notre vision des femmes est façonnée par ce que nous consommons — et par notre capacité, ou non, à interroger cette consommation.

 

Et maintenant ?

Emma ne sait peut-être pas encore ce qu’elle fera après l’école obligatoire. Mais elle sait une chose : elle ne veut pas être enfermée.

Elle veut évoluer. Elle veut décider. Elle veut transformer le monde plutôt que s’y adapter en silence.

Alors elle s’engage dans une association de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Parce que comprendre le patriarcat, c’est déjà commencer à le fissurer. Et parce que ses ailes, même malmenées par la tempête, ne sont pas faites pour être repliées.

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