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PATRIARCAT – Violences sexistes et sexuelles

  • baumgartneremily
  • 5 mars
  • 3 min de lecture

« Louise est une jeune femme qui a vécu, durant son enfance, son adolescence et jusqu’au début de son âge adulte, des violences de la part de ses proches comme de la société. » Ce récit n’est pas un cas isolé – il illustre la manière dont les femmes sont encore trop souvent traitées dans notre société.

Le patriarcat tolère, et parfois même protège insidieusement, les violences misogynes dans l’espace public comme dans la sphère intime. Dans ce contexte, les violences sexistes et sexuelles deviennent la marque d’un système qui, comme présenté dans l’article précédent, est profondément misogyne.


Post Instagram - Violences sexistes et sexuelles
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Le commencement des violences sexistes et sexuelles

La culture populaire est imprégnée de récits de violences sexistes et sexuelles (VSS). Elle construit un imaginaire qui correspond trop rarement à la réalité. Dans cet imaginaire collectif apparaissent des monstres : des hommes le plus souvent, parfois des femmes. Des inconnu·es que la victime croise au détour d’une ruelle sombre et qu’elle ne connaît pas. Les victimes, elles, sont le plus souvent représentées comme blanches, cisgenres, hétérosexuelles, valides et correspondant aux normes de désirabilité.

Dans le cas de Louise, tout commence avec un homme blanc d’âge mûr, ayant une famille et un travail. Un parfait père de famille. Un grand-père que personne ne soupçonnait du pire.

C’est bien avant d’entrer dans l’adolescence que Louise découvre l’horreur des abus. Cette figure patriarcale, une figure d’autorité, profite d’elle. Ce lourd secret, Louise l’enfouit profondément en elle. Il n’en restera qu’une cicatrice dans son esprit, une cicatrice invisible aux yeux du monde.

Le monde de Louise se construit désormais autour d’une peur des hommes susceptibles de lui faire du mal. Certes, tous les hommes ne sont pas des agresseurs violents. Mais tous bénéficient d’un système patriarcal, et rares sont ceux qui parlent ouvertement de cet abject sujet.

L’horreur prend fin ?

Louise grandit et son grand-père la laisse progressivement tranquille avant de décéder. L’horreur prend fin – mais seulement pour un temps très court.

Les traumatismes liés à ces abus répétés, eux, ne disparaissent pas.

Lorsque vient le moment de dire ses adieux à son grand-père, Louise refuse. Elle refuse de prendre part aux funérailles. Ce choix choque sa famille. Lorsqu’elle se confie enfin à sa mère et que l’histoire s’ébruite dans le cercle familial, tout le monde est abasourdi.

Les membres de la famille s’en prennent violemment à Louise. Ils la traitent de « menteuse » et se demandent qui a bien pu lui mettre une telle idée en tête.

Louise ne comprend pas pourquoi le ciel lui tombe sur la tête alors qu’elle dit la vérité. Peu à peu, elle comprend que les adultes ne croient pas toujours les enfants.

L’affaire n’intéresse personne. La famille met tout en œuvre pour que les cris de Louise cessent. Personne n’évoque même l’idée qu’il puisse y avoir une part de vérité dans ce qu’elle raconte.

Louise crie haut et fort. Mais en vain. Personne ne l’écoute.

Petit à petit, elle se renferme et abandonne le combat.

Une thérapie nécessaire

Soucieux du bien-être de leur fille, les parents de Louise l’envoient consulter un thérapeute. Malgré ses craintes, Louise est encouragée par le professionnel et par son entourage proche à s’exprimer et à parler librement.

Elle se confie progressivement, mais garde longtemps le silence sur les événements de son enfance. Elle se souvient encore très bien des disputes et des cris. Elle a perdu l’affection de nombreux membres de sa famille à cause de cette histoire.

Lorsqu’elle se sent enfin en confiance, et alors que son thérapeute tente une fois de plus de revenir sur son enfance et sur sa relation avec son grand-père, elle craque et commence à parler de cette relation si particulière.

Les souvenirs remontent. Les pleurs arrivent.

La séance prend alors l’allure d’un véritable interrogatoire.

Les questions pleuvent sur Louise :

« Pourquoi n’avoir rien dit ? »

« Comment abusait-il de toi ? »

« À quelle fréquence ? »

« Pourquoi n’avoir rien fait pour l’arrêter ? »

« As-tu eu des comportements sexuellement explicites ? »

« Comment étais-tu habillée lorsque tu allais chez ton grand-père ? »

ou encore

« Dis-tu bien toute la vérité ? »


Louise tient bon, même si elle sort de la séance en pleurs, les yeux rouges. Elle ne retournera jamais voir ce thérapeute et restera longtemps très réticente à l’idée d’en consulter un autre.

Ce mécanisme de doute et de culpabilisation n’est pas anecdotique. Il constitue l’un des piliers de la culture du viol, qui protège les agresseurs et réduit au silence les victimes.

L’histoire de Louise n’est pas un cas isolé. Les violences sexistes et sexuelles prennent de nombreuses formes : abus intrafamiliaux, violences conjugales, harcèlement de rue, agressions sexuelles ou viols.

Tant que ce système perdurera, les violences sexistes et sexuelles ne seront pas des exceptions, mais les symptômes d’un ordre social profondément inégalitaire.

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