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PATRIARCAT – Patriarcat et intersectionnalité

  • baumgartneremily
  • 12 mars
  • 3 min de lecture

« Justine apprend à l’âge de 23 ans qu’elle se situe quelque part sur le spectre de l’autisme. Cette nouvelle éveille en elle un intérêt profond pour ce diagnostic. Justine entame alors un voyage intellectuel pour mieux se comprendre. Elle se décrit désormais comme neuroatypique. » À travers les difficultés rencontrées par Justine, nous allons observer un exemple d’intersectionnalité.


L’intersectionnalité désigne la manière dont plusieurs systèmes d’oppression peuvent se croiser et se renforcer mutuellement. Le patriarcat, qui repose sur la domination masculine et la misogynie, s’articule ainsi avec d’autres formes de domination : le racisme, la xénophobie, la queerphobie, le validisme, le classisme ou encore l’âgisme. Ces systèmes ne fonctionnent pas séparément ; ils se combinent et produisent des expériences spécifiques d’inégalités.


Post Instagram - Patriarcat et intersectionnalité
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Misogynie et validisme

Justine reçoit un diagnostic de TSA (trouble du spectre de l’autisme) au début de la vingtaine. Pour un trouble neurodéveloppemental, ce diagnostic arrive relativement tard. Pourtant, Justine présente des traits autistiques depuis sa petite enfance. Ceux-ci ont longtemps été invisibilisés ou interprétés autrement.


Cette situation s’explique en partie par la socialisation genrée et par les normes de genre. Les filles et les personnes FINTA apprennent souvent très tôt à masquer certaines de leurs particularités afin de se conformer aux attentes sociales. En conséquence, les personnes neuroatypiques FINTA reçoivent souvent un diagnostic plus tardif que les garçons.


En se renseignant sur le fonctionnement de l’autisme, Justine comprend progressivement pourquoi elle s’est souvent sentie en décalage avec les autres. Elle met des mots sur ses difficultés à s’intégrer ou à interagir avec ses pairs.


Ce processus lui permet également de mieux comprendre ses émotions et la manière de les exprimer. Ce fut pour elle un véritable apprentissage. Elle découvre différentes manières d’exprimer son affection et comprend aussi qu’elle a le droit de poser des limites, de dire « non », et que certains comportements ne sont pas acceptables.


Dans le cas des femmes autistes, il n’est malheureusement pas rare que certaines subissent des abus sans en avoir immédiatement conscience. Les personnes neuroatypiques peuvent rencontrer des difficultés à décoder certains codes sociaux implicites. Elles peuvent ainsi interpréter certains comportements déplacés comme étant normaux.


Justine réalise alors que certaines limites ont été franchies dans ses relations passées. À plusieurs reprises, son ancien compagnon l’embrassait de force et elle finissait par céder. Avec le recul, elle comprend que ce comportement n’était pas simplement déplacé, mais qu’il pouvait également être pénalement répréhensible.


Cette prise de conscience transforme sa manière de voir ses relations et l’aide à mieux protéger ses limites dans un monde qui peut parfois exploiter l’incompréhension de certaines normes sociales.


Misogynie et autres formes d’oppression

Le cas de Justine illustre l’intersection entre misogynie et validisme. Mais d’autres combinaisons d’oppression existent également.


Une personne FINTA racisée peut par exemple subir de la misogynoir, une forme spécifique de misogynie qui s’appuie sur des stéréotypes racistes et qui conduit notamment à une exotisation excessive.


Une personne FINTA immigrée peut subir à la fois misogynie et xénophobie. Les femmes migrantes peuvent par exemple être davantage exposées à certaines formes de violences ou de précarité en raison de leur statut social et/ou administratif.


Une personne FINTA homosexuelle peut également être confrontée à une hypersexualisation ou à une fétichisation liée à son orientation sexuelle.


Ces différents exemples montrent comment les systèmes de domination peuvent se croiser et produire des expériences spécifiques de discrimination. L’intersectionnalité permet précisément de comprendre que ces oppressions ne s’additionnent pas simplement : elles se combinent et se renforcent mutuellement.


Ainsi, plusieurs formes de discrimination peuvent se superposer et produire des réalités sociales particulières pour les personnes qui les subissent.

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