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7. Féminisme matérialiste – patriarcat et économie

  • baumgartneremily
  • 19 mai
  • 2 min de lecture

Le féminisme matérialiste est un courant féministe qui s’inspire du matérialisme historique développé par Karl Marx. Selon cette approche, les idées, les croyances et les normes sociales ne naissent pas de manière abstraite, mais s’ancrent dans des conditions matérielles d’existence.

Autrement dit, ce qui semble immatériel — comme les pensées, les émotions ou les représentations sociales — repose sur des réalités matérielles. Les idées ne sont pas indépendantes du monde social, mais produites dans un contexte concret.

Le féminisme matérialiste applique ce raisonnement aux rapports entre les sexes. Il considère que les normes de genre, le patriarcat et d’autres systèmes de domination ne sont pas de simples constructions idéologiques, mais qu’ils reposent sur des rapports sociaux concrets, notamment l’organisation du travail, de la famille et de la reproduction.

Travail domestique

Prenons l’exemple du travail domestique. Pendant des siècles, il a été assigné aux femmes, non parce qu’elles y seraient naturellement prédisposées, mais parce que l’organisation patriarcale de la société les cantonnait aux tâches liées à l’entretien du foyer et au soin des enfants. Exclues de nombreuses sphères économiques et politiques, les femmes étaient ainsi confinées à un rôle spécifique dont la société dans son ensemble tirait profit.

Division sexuelle du travail

La division sexuelle du travail désigne la répartition socialement construite des tâches entre les femmes et les hommes. Elle repose non seulement sur une séparation des activités, mais aussi sur une hiérarchisation qui valorise davantage le travail masculin, souvent salarié et public, que le travail féminin, majoritairement domestique et invisible.

Dans une perspective matérialiste, cette organisation n’est pas naturelle mais constitue un système permettant la reproduction de la société. Elle distingue notamment le travail productif, généralement rémunéré et reconnu, du travail reproductif, qui regroupe l’ensemble des activités nécessaires à la reproduction quotidienne et générationnelle de la force de travail (soins, éducation, entretien du foyer).

Exploitation patriarcale

L’exploitation patriarcale désigne l’ensemble des mécanismes par lesquels les femmes fournissent un travail indispensable à la reproduction sociale, souvent non rémunéré ou dévalorisé, au profit des hommes en tant que groupe social.

Cette exploitation ne repose pas uniquement sur des normes culturelles, mais sur une organisation matérielle des rapports sociaux, notamment à travers la famille. Celle-ci ne doit pas être comprise seulement comme une institution affective, mais aussi comme une structure économique où s’effectue une grande partie du travail reproductif gratuit.

Synthèse

Dans une perspective féministe matérialiste, ces éléments forment un système cohérent. Le patriarcat s’appuie sur la division sexuelle du travail pour organiser la répartition entre travail productif et travail reproductif. Le premier, majoritairement salarié et socialement valorisé, est historiquement associé aux hommes, tandis que le second, largement invisibilisé et non rémunéré, est assigné aux femmes.

Cette organisation ne concerne pas uniquement les rapports entre individus, mais constitue une structure sociale globale. Elle bénéficie à la fois aux hommes en tant que groupe social et au fonctionnement du système économique, dans la mesure où le travail reproductif permet de produire et de maintenir la force de travail à moindre coût.

Ainsi, le féminisme matérialiste met en lumière le lien étroit entre patriarcat et économie, en montrant que les rapports de genre ne sont pas seulement symboliques, mais profondément ancrés dans les structures matérielles de la société.

 

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